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Textes et messages de Mgr Guy de Kerimel - année 2017-2018

Voir les signes et croire en la résurrection de Jésus

Homélie de Pâques

De grand matin, alors qu’il fait encore nuit, Marie Madeleine se rend au tombeau et constate qu’il est ouvert et vide. Elle est encore dans la nuit de la foi, elle ne comprend pas ce qui se passe et son seul souci est de retrouver le corps de Jésus pour achever les soins et pouvoir faire son deuil. Elle part vite prévenir Pierre et Jean qui arrivent en courant et font le même constat : le corps de Jésus est absent. L’un et l’autre remarquent que les linges sont restés à leur place. Si l’on avait déplacé le corps, ils auraient disparu avec lui ou auraient été enlevés de leur place pour récupérer le seul corps. Mais ils sont là comme pour rappeler qu’ils ont enveloppé un corps ; celui-ci a disparu sans les déplacer. En voyant les linges, Jean entre dans la lumière de la foi : « Il vit et il crut ». Il reçoit la certitude intérieure que Jésus est ressuscité. Son corps, en se relevant d’entre les morts, n’a pas touché les linges ; il est comme passé à travers, car ce corps ressuscité n’est plus soumis aux limites de notre monde. Sa résurrection n’est pas un retour à la vie d’ici-bas, mais une entrée dans le monde nouveau. Elle est une transformation qui donne au corps de Jésus des propriétés nouvelles, comme, par exemple, d’être présent au milieu des siens sans entrer par la porte.
Le tombeau vide est un signe pour les disciples ; un signe qui les ouvre à un étonnement, une interrogation, une recherche, et les rend disponibles à accueillir une vérité plus haute, à entrer dans une lumière inaccessible au commun des mortels. Le tombeau vide les prépare à la rencontre avec le Ressuscité. La nuit du tombeau va laisser place à la lumière sans déclin.

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Le Christ est ressuscité, alléluia !

Homélie de la Vigile pascale

Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Il a libéré de l’esclavage du péché et de la mort tous ceux qui mettent leur foi en Lui.
Vous qui allez être baptisés et vous tous frères et soeurs baptisés depuis parfois de longues années ou plus récemment, vous venez d’écouter tout ce que Dieu a fait pour vous. Il vous a donné la vie, Il vous a confié la création ; Il vous a fait assez confiance pour faire de vous des co créateurs ; Il n’a cessé et ne cesse de vous faire signe pour entrer en dialogue avec vous et vous combler de son amour.
Nous ne sommes pas le fruit du hasard, nous ne sommes pas le seul fruit de l’évolution ; nous ne sommes pas des simples animaux dotés d’un cerveau plus développé que celui des autres animaux ; nous ne sommes pas des individualités anonymes qui devraient tenter de survivre dans un monde hostile et aveugle. Depuis toute éternité, nous sommes voulus par Dieu, aimés et choisis, chacun dans son unicité et comme membre d’un peuple. Nous avons été créés pour la joie de Dieu et pour collaborer avec Lui à la beauté du monde et au bien de l’humanité.
Dieu nous a inscrits dans la longue histoire de l’humanité qui ne prend tout son sens qu’en Lui. Par le baptême, Il nous fait entrer dans l’histoire du salut, qui, depuis Adam jusqu’au dernier homme, nous conduit au monde nouveau de la résurrection, par le Christ, avec Lui et en Lui. Cette histoire du salut est avant tout une affaire de relation, d’Alliance que Dieu veut instaurer avec l’humanité. Il a d’abord choisi Abraham, puis ses descendants. Dieu a pris l’initiative de venir à la rencontre de l’être humain. Il a appelé Abraham comme Il appelle chacun d’entre nous ; Il lui a fait une promesse, et Abraham a cru, il a mis sa confiance en Dieu. Dieu ne cesse d’accompagner son Peuple, les descendants d’Abraham, de leur pardonner leurs égarements. Il les a libérés de l’esclavage imposé par les Égyptiens, Il les a guidés au désert, Il leur a donné sa Loi comme repère pour avancer vers le bonheur. Il leur a envoyé les prophètes ; Il leur a annoncé le salut en Jésus-Christ. Enfin à la plénitude des temps, Il a envoyé son Fils dont nous célébrons la mort et la résurrection pour la vie du monde. Dieu a tant aimé le monde, Il m’a tant aimé, Il nous a tant aimés qu’Il nous a envoyé son Fils pour nous sauver.

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Le Christ est ressuscité !

Message de Pâques

« Le Christ est ressuscité ! ». Celui-là même qui avait été crucifié et mis au tombeau trois jours plus tôt s’est relevé d’entre les morts. Désormais la mort n’a plus aucun pouvoir sur Lui. Son corps n’a pas connu la corruption, il n’est plus soumis aux contraintes de ce monde périssable ni aux limites de l’espace et du temps.
Depuis toujours, l’être humain est affronté à la question de la mort et tente d’en repousser les limites. Les progrès extraordinaires des technosciences font imaginer que l’homme pourra être libéré de cette angoisse ; ainsi les recherches sur le transhumanisme ouvrent des perspectives sur l’avènement de surhommes, moitié humains, moitié robots, qui vivraient des centaines d’années, voire qui pourraient tendre à l’immortalité. Je crains que cet avenir, bientôt rendu possible sur le plan scientifique, ne conduise à de grandes désillusions. Si la science peut prolonger la vie et la transformer, cependant, par elle-même, elle ne rendra pas le monde meilleur ; seul le changement des coeurs peut faire advenir un monde plus fraternel, plus humain.
La résurrection du Christ confirme la valeur du corps humain, qui est plus qu’une simple enveloppe jetable. L’être humain est indissociablement corps et âme ; né dans la fragilité et soumis à la corruption, il est destiné à la résurrection glorieuse dans un monde libre de tout mal et de toute dégradation.
Pour ma part, à choisir entre la transformation proposée par les technosciences ou celle promise par le Christ, je préfère mettre mon espérance en Jésus-Christ qui nous sauve de la mort et nous ouvre à une vie nouvelle libérée de la fatalité du mal. Lui Seul peut vaincre le mal qui a ses racines dans nos coeurs et nous faire entrer dans le monde de la résurrection. Il a vaincu le mal en donnant sa vie par amour pour nous et en ressuscitant ; les disciples L’ont vu, L’ont touché, ont mangé avec Lui. Par la puissance de l’Esprit saint, Il a transformé ceux qui Le suivaient en missionnaires intrépides qui continuaient son oeuvre en faisant le bien partout où ils passaient.
La Bonne Nouvelle de la résurrection est bien plus sûre et ouvre des horizons bien plus attirants que les rêves présentés par certains scientifiques. Il n’est pas plus fou de croire en la résurrection que de vouloir jouer aux apprentis sorciers en créant un surhomme. C’est pourquoi l’Église ne cessera jamais d’annoncer la grande nouvelle : « Le Christ est ressuscité ! ». Joyeuse fête de Pâques !

† Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne

"Maintenant le fils de l'Homme est glorifié"

Vendredi saint

Le Fils de Dieu s’est fait homme ; Il a assumé la nature humaine blessée par le péché, sans jamais commettre de péché. Au cours de sa Passion, Il est descendu au plus bas de la misère humaine, jusqu’à ne plus ressembler à un homme. Tout ce que l’être humain a subi et subit encore d’humiliation, d’injustice, de mépris, de haine, de violence, de trahison, de souffrances, de douleurs, Il l’a pris sur Lui. Rien n’a été épargné à Jésus, car rien n’est épargné à l’homme des douleurs depuis les origines de l’humanité jusqu’à maintenant : depuis le meurtre d’Abel jusqu’à la Shoa, et les tueries actuelles. Le Christ a partagé la condition de l’homme déshumanisé pour nous apprendre à voir en toute personne, défigurée par la souffrance et le mal, la haute dignité de l’être humain appelé à devenir fils de Dieu. Jésus est le Serviteur souffrant qui rejoint toute souffrance humaine, la prend sur Lui par amour, et lui ouvre un horizon d’espérance. Jésus meurt de la mort la plus humiliante pour rejoindre tous ceux qui meurent quelles que soient les circonstances de leur mort.
Est-il possible de se faire aussi proche, aussi solidaire de l’humanité souffrante que Jésus, Le Fils de Dieu ? Est-il possible d’aimer jusque-là ? Seul un Amour divin, seul l’Amour infini assumé par une personne humaine, pouvait aller aussi loin dans l’abaissement par amour. Rien de ce que vit l’être humain n’échappe à la tendresse de Dieu, à la miséricorde de Dieu manifestée dans le Christ. Tout est assumé par Lui.
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† Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne

Le signe du plus grand amour

Homélie du Jeudi saint

Nous célébrons ce soir, et durant les trois jours qui viennent, le mémorial d’un passage et d’une libération : Jésus le Christ est passé de la mort à la vie, et Il a libéré tous ceux qui croient en Lui en les faisant passer de l’esclavage du péché et de la mort à la vie nouvelle d’enfants de Dieu. Le rite qu’Il a institué pour faire mémoire de ce passage et communier à son sacrifice et à sa résurrection s’inscrit dans un rite plus ancien qui faisait mémoire de la sortie d’Égypte. Le Peuple hébreu, réduit en esclavage par les Égyptiens, était libéré de ce joug par l’intervention de Dieu. Avant de sortir d’Égypte, les Hébreux devaient immoler un agneau, mettre son sang sur le montant des portes pour être protégés de la mort, et manger sa chair rôtie pour prendre des forces avant de quitter le pays et de vivre le grand passage de la mer Rouge. En mémoire de cet évènement fondateur, les Juifs ont fêté et fêtent encore la Pâque, c’est-à-dire le passage, de générations en générations.
Jésus célèbre la Pâque juive avec ses disciples, avant de vivre sa propre Pâque, c’est-à-dire son passage de la mort à la vie, qui est fondateur de l’Alliance Nouvelle et Éternelle. C’est au cours du repas pascal traditionnel qu’Il institue le sacrement de l’Alliance Nouvelle et Éternelle : l’Eucharistie. Jésus se présente comme le nouvel Agneau pascal qui s’offre Lui-même en sacrifice et se donne en nourriture pour la vie du monde. Avant d’être immolé sur la croix, Jésus veut qu’un rite puisse faire mémoire de cet évènement qui donne le salut, afin que tous ceux qui croient en Lui puissent communier à son sacrifice et se nourrir au banquet de l’Alliance Nouvelle. Ce rite n’est pas seulement un signe, mais un signe qui donne la grâce, un sacrement qui fait communier réellement au don que Jésus a fait de sa vie une fois pour toutes. Jésus prend du pain et dit « ceci est mon corps », puis Il prend du vin et dit « ceci est mon sang, le sang de l’Alliance Nouvelle et Éternelle » : ainsi Il donne en nourriture à ses disciples son corps livré sur la croix, Il donne en boisson son sang versé, pour entretenir les croyants dans l’Alliance Nouvelle qui libère du péché et de la mort. « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur », dit saint Paul. Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous rendons présent à notre foi son amour livré, nous fortifions en nous la vie nouvelle reçue au baptême pour avancer dans notre pèlerinage de foi vers notre patrie céleste.

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L'onction en vue de la mission

Homélie de la messe chrismale - 27 mars 2018

Jésus, au début de sa vie publique, fait siennes les paroles du prophète Isaïe : Il a été consacré et envoyé en mission. L’onction de l’Esprit Saint qu’Il a reçue l’ordonne à la mission. Nous-mêmes, baptisés, confirmés, ordonnés, nous avons été consacrés et envoyés en mission. L’Esprit saint qui reposait sur Jésus, le Fils unique du Père, nous a été donné par ce même Jésus, pour aller porter la Bonne Nouvelle, pour faire oeuvre de libération. L’Église, en effet, est chargée de poursuivre la mission du Christ jusqu’à la fin des temps : c’est une mission sacerdotale, prophétique et royale, ou, pour le dire autrement, une mission de prière, d’évangélisation et de service. La finalité de la mission est la gloire de Dieu et le salut du monde, c’est-à-dire, que l’Amour de Dieu soit connu, partagé par tous, pour que toute l’humanité trouve en Lui son salut et sa plénitude.
On ne peut pas dissocier les trois dimensions de la mission de l’Église et de chaque baptisé : elle est inséparablement annonce de la Bonne Nouvelle, service des pauvres, et vie de prière et d’adoration qui trouve son sommet dans l’Eucharistie.
Une annonce de la Bonne Nouvelle qui ne serait pas en même temps service et n’ouvrirait pas à la relation à Dieu ne serait que de la propagande idéologique et du recrutement. Un engagement au service des plus fragiles et des personnes marginalisées qui serait fermé à la quête de sens et à la transcendance, serait de la générosité sans horizon, une libération non aboutie. Une vie de prière qui ne conduirait pas au témoignage et au service ne serait que de la piété égocentrique. Tout est lié, comme dirait notre pape François. Certes, chacun, selon ses charismes, développera plus telle ou telle dimension ; cependant, jamais aucun chrétien ni aucune communauté ne peut s’exempter du témoignage, du service ou de la prière.

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Le Carème, une montée vers Dieu notre Père

Les mots que Dieu nous adresse, au premier jour du Carême, sont un appel à renforcer notre relation avec Lui : « Revenez à moi de tout votre cœur… » (Joël 2, 12) ; « laissez-vous réconciliez avec Dieu… » (2 Cor. 5, 20). Notre véritable effort de Carême consiste à répondre à cette invitation de Dieu, riche en Miséricorde.

Le Carême est une marche vers le Père, une dynamique pour restaurer ou renforcer l’Alliance avec Dieu. Il ne s’agit pas d’abord de se priver, mais de faire plus de place à Dieu (et donc au prochain) dans nos vies. La logique première des privations et des pénitences est d’accueillir davantage l’amour infini de Dieu pour nous ; de faire de la place à l’autre ; de devenir nous-mêmes, c’est-à-dire d’authentiques fils et filles de Dieu.

Le Carême ne peut en aucun cas être un temps d’introspection qui nous centrerait encore plus sur nous-mêmes. Il est un temps de conversion qui nous tourne vers le Père, et, par là même, vers ces frères et sœurs en humanité que Dieu nous a donnés.

Comment faire ? Les moyens nous sont donnés par le Christ Lui-même, qui est le Chemin vers le Père : l’aumône, la prière et le jeûne.

  • L’aumône nous libère de l’idolâtrie des richesses, c’est-à-dire de l’idée que la richesse serait une sécurité pour le présent et rendrait possible l’avenir. Notre seule sécurité est l’amour de Dieu notre Père qui nous donne notre pain de chaque jour. La richesse nous met inconsciemment au-dessus des autres ; elle peut être un moyen de s’imposer dans une société et même d’exercer une forme de chantage : « si vous ne faites pas ce que je veux, je ne vous donnerai rien » ; on le constate dans le rapport entre pays riches et pays pauvres, mais aussi à l’intérieur même de l’Eglise ! Tout peut être réduit à un objet de consommation, si l’on se laisse corrompre par la richesse. Elle est un piège mortel qui nous éloigne de Dieu, qui empêche Dieu d’être pleinement notre Père.
  • La prière est la manière concrète d’entretenir l’Alliance dont Dieu a pris l’initiative et dans laquelle nous sommes entrés par notre baptême et notre choix personnel d’adhérer à la foi reçue. La prière est l’expression de notre amour filial, de notre désir d’unir notre volonté à celle de ce Père très aimant. Ecouter Dieu, méditer les Ecritures jusqu’à ce qu’elles deviennent Parole vivante de Dieu. Répondre à Dieu dans une relation quotidienne, en mettant en œuvre sa Parole, et par le don de soi. Qui dit alliance dit engagement des deux parties, sinon c’est ramener l’autre à soi, l’utiliser pour soi. La relation à Dieu dans la prière nous met dans sa lumière aimante et nous conduit à être profondément vrais, à Lui livrer tout notre être, y compris les zones d’ombres en nous, et bien sûr notre péché. Le temps du Carême est le temps privilégié pour vivre le sacrement de la réconciliation dans une rencontre personnelle avec un prêtre. C’est le temps de confesser la miséricorde de Dieu en nommant explicitement nos péchés pour qu’ils sortent de nous et soient pardonnés. Il faut mettre des mots sur ces zones obscures en nous pour que la lumière d’amour de Dieu les purifie et les guérisse.
  • Le jeûne permet de prendre de la distance avec les biens secondaires qui nous distraient et nous détournent de l’Unique Nécessaire : les biens de consommation, les attachements désordonnés. Le but est de rendre sa juste place à Dieu dans notre vie. Le jeûne rétablit dans nos vies la vraie hiérarchie des biens. Au Bien suprême la première place, aux autres biens, une place relative à leur vraie valeur, qui s’évalue à partir du Bien suprême.

Montons ensemble vers Dieu Notre Père qui court au-devant de nous, et accompagnons sur le chemin de vie les catéchumènes qui seront baptisés à Pâques. Notre témoignage sera un soutien précieux dans leur ultime combat pour choisir le Christ et Le suivre en vérité. Nous avons besoin les uns des autres pour avancer vers la vraie vie, vers Dieu notre Père.

Prions les uns pour les autres en ce temps de grâce !

† Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne


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Journée diocésaine Santé du 10 mars 2018

Au travers d'une video, notre évêque s'est adressé aux acteurs du monde de la santé réunis autour du thème :
"Entre hôpital et domicile, comment rejoindre les personnes ? "

Cérémonie des vœux - 17 janvier 2018

À vous, autorités de l’État et de la société civile, autorités militaires, responsables administratifs, ou personnalités du monde de l’entreprise, responsables religieux, représentants du monde de la justice, de la santé, de la culture, et vous que je n’ai pas cités, je présente des vœux de réussite dans vos projets, des vœux de créativité, d’initiatives au service de tous les habitants de notre département pour la croissance de leur liberté, de leur égale dignité, et de la fraternité entre tous.

Chaque année ouvre devant nous des pages blanches (même si les pages de nos agendas sont plus ou moins déjà noircies) que nous allons écrire par nos vies, nos responsabilités, nos choix, nos manières d’accueillir l’imprévu. En ce mois de janvier, nous pouvons nous demander, à frais nouveaux, ce que nous voulons faire de cette année, quelles perspectives donner à nos engagements, quelle vision sera la nôtre dans nos domaines de compétence et dans nos missions. Les vœux, en effet, sont l’occasion pour chacun et pour les collectivités de regarder l’horizon et peut-être de rêver un peu, ou au moins de prendre de la hauteur pour regarder plus loin que l’urgence des tâches à accomplir.

À l’occasion de ces vœux, je voudrais poser un regard sur la société et l’être humain aujourd’hui, puis évoquer les états généraux de la bioéthique, avant de dire un mot sur l’Église catholique en Isère et en France et les défis qui se présentent à elle en cette année nouvelle.

Nous vivons dans une société qui a connu et qui connaît de très fortes évolutions culturelles et comportementales, évolutions que l’on peut caractériser de manière très globale par le libéralisme. Cette société porte des atouts positifs et des fragilités. Je lui souhaite de tendre vers plus de justice, plus d’humanité, plus de fraternité. Je souhaite à chaque personne humaine d’y trouver pleinement sa place ; qu’elle soit reconnue dans ses droits imprescriptibles, et intégrée dans de vraies relations qui l’aident à s’épanouir.

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Noël, c'est l'Autre !

La fête de Noël nous révèle un grand secret : c’est dans l’accueil de l’autre que se trouve la joie du monde et le bonheur de l’être humain.

À Noël, le Fils de Dieu, se faisant semblable aux hommes, vient chez nous pour nous faire du bien. Il naît de la Vierge Marie pour réconcilier l’être humain avec Dieu, le tout Autre. En demandant à être accueilli, Il libère l’homme, prisonnier d’un autocentrement mortifère, blessé dans sa relation à l’autre, enfermé dans la peur de l’autre ou le désir de le posséder. Jésus restaure la dimension relationnelle de la personne humaine en la rééduquant à l’accueil de l’autre et au don de soi désintéressé.

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Homélie du 1er dimanche de l'Avent

« Veillez » : telle est l’invitation du Seigneur à ses disciples. Veillez, car Il vient. Jésus est venu dans la vie des croyants, Il ne cesse de venir à eux dans la Parole, dans les sacrements, dans les frères, particulièrement les plus pauvres. Il est venu, Il vient, Il nous a confié des missions, des services, et Il reviendra, sans que nous ne connaissions le moment, et Il demandera des comptes à ses serviteurs.

Le temps de l’Avent nous fixe sur sa venue glorieuse à la fin des temps, avant de nous fixer sur le mystère de Noël. Le croyant veille, dans l’attente. A chaque Eucharistie il dit : « Viens, Seigneur Jésus ». Cette veille n’est donc pas une veille inquiète, la peur d’être surpris, mais l’attente de Celui qui est notre vie, notre bonheur. Nous guettons les signes de sa venue, nous L’appelons, nous faisons grandir notre désir de Le rencontrer, de Le voir, le désir de la fin de toutes choses périssables, pour entrer dans les réalités qui demeurent.

Le temps de l’Avent nous invite à entrer dans l’attente messianique du peuple de l’Alliance, l’attente du Règne, et l’attente de son avènement définitif. L’attente du peuple élu est désormais relayée par l’Eglise qui a reconnu en Jésus le Messie, son Seigneur, et qui prie comme le lui a enseigné Jésus : que ton Règne vienne !

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La paix, fruit de la justice et de la miséricorde - 11 novembre

Il y a 100 ans, la Grande Guerre n’en finissait pas et continuait à conduire à la mort un grand nombre d’hommes, sans pour autant faire basculer le rapport des forces en présence. Il fallait, pour que la guerre s’arrête, qu’il y ait un vainqueur et un vaincu ; hors, en 1917, il n’y avait encore ni vainqueur, ni vaincu. Comme si la paix pouvait être instaurée durablement entre un pays triomphateur et un pays humilié. De fait, la fin de la guerre, le 11 novembre 1918, n’a pas ouvert une ère de paix, parce que globalement l’ennemi est resté un ennemi. Il a fallu des hommes courageux, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pour considérer les anciens ennemis comme des êtres humains pleinement respectables et envisager de construire avec eux un projet commun.

Les lectures que nous venons d’entendre nous invitent à réfléchir sur les conditions de la paix que sont la justice et la miséricorde.

La première lecture nous faisait entendre la prière de la reine Esther, en proie à l’angoisse, car elle était la seule à pouvoir prendre une initiative pour sauver son peuple de l’extermination, au risque de sa propre vie. Esther en appelle à la justice divine pour le salut de son peuple. Il y a dans sa prière une reconnaissance des péchés de son peuple et une demande à Dieu d’intervenir pour le délivrer du mal qui le menace. Elle a conscience d’une certaine solidarité de son peuple avec le mal. Le mal n’est jamais totalement extérieur à soi ; il n’est jamais totalement et uniquement causé par l’autre, par l’ennemi. La prise de conscience de ses propres manquements, de la part d’un individu ou d’un pays, est certainement le début d’un possible processus de paix. Cependant, Esther connaît la gravité du danger et l’urgence du salut : la date d’extermination de son peuple est en effet programmée. Aussi, elle prie Dieu de lui donner la force d’aller devant le roi, sans y être invitée, ce qui risquait de lui valoir la mort ; elle veut confondre devant le roi l’ennemi de son peuple. Elle supplie Dieu pour l’élimination de l’ennemi, dans une logique de légitime défense.

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Exposition - 500 ans de la Réforme - 31 octobre

Madame Jullian, représentant monsieur Éric Piolle, maire de Grenoble, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs les pasteurs, mesdames et messieurs,


Que vient faire un évêque catholique dans cette commémoration de la Réforme, ici à l’hôtel de ville, à l’occasion de l’exposition « les 500 ans de la Réforme à Grenoble » ?

C’est la première fois, depuis le XVIe siècle, que l’Église catholique participe à la commémoration d’un centenaire de la Réforme. De fait, au début de la rupture, il y a 500 ans, nous avons les uns et les autres mis l’accent sur ce qui nous divisait. Les enjeux politiques s’en sont fortement mêlés, accentuant les tensions. Les violences commises, les humiliations, ont longtemps rendu tout dialogue impossible. Depuis le XXe siècle, nous nous sommes rapprochés, et nous avons commencé à regarder ce qui nous unissait, et nous avons constaté que ce qui nous unissait était incomparablement plus important que ce qui nous séparait.

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Homélie de Toussaint

Dans notre quotidien si souvent mouvementé, alourdi par l’écho permanent des épreuves qui secouent l’humanité près de nous et dans le monde entier, la Toussaint nous permet de prendre de la hauteur, sans pour autant nous évader du réel. La contemplation des saints dans la gloire du ciel nous rappelle notre destinée et nous encourage à poursuivre notre chemin dans l’espérance de les rejoindre un jour. Foule immense des rachetés, resplendissants de la lumière divine, comblés de bonheur, exultant de joie, proclamant sans fin les louanges de Dieu dans la compagnie des anges.

Voici l’humanité nouvelle, qui dépasse tout ce que nous pouvons rêver. Voici l’homme nouveau, l’homme accompli par la transformation de la grâce, voici l’être humain transfiguré et déjà participant de la gloire divine. Voici la révélation des fils de Dieu qui voient le Père face à face, dans la plénitude de la joie et de la paix. Que peut-on espérer de plus ?

Et pourtant nos sociétés fermées à la transcendance se sont détournées de cette contemplation pour ne plus rechercher leur plénitude que dans les réalités d’en bas. Elles aspirent toujours à une humanité nouvelle, mais elles la cherchent dans la liberté des mœurs, dans la toute-puissance, dans l’individualisme narcissique, dans la science et la technique. Elle renonce au chemin de la transfiguration pour celui du transhumanisme. Le démon singe Dieu, et propose au lieu de la sainteté, une sorte de surhomme ; il suggère à l’homme moderne une forme de dépassement par la technique. L’être humain ainsi égaré s’imagine pouvoir être dieu sans Dieu, et ne fait hélas que s’enfoncer dans les affres de l’enfer.

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Homélie de l'assemblée diocésaine - dimanche 15 octobre

Tous invités au festin au nom de Dieu

Où allons-nous ? Quel est notre avenir ? Quelle est notre espérance ? Dans les incertitudes du temps présent, il est indispensable de connaître le but ultime du chemin de foi que le Seigneur nous invite à parcourir. L’Église, notre Église diocésaine, nos communautés, chacun de nous, nous avançons dans la foi, comme Abraham et tant d’autres avant nous, jusqu’à l’accomplissement de la promesse. Ce qui nous attend, selon la prophétie d’Isaïe, c’est la délivrance de la mort, la fin de l’humiliation et des larmes, c’est un festin de noce qui comblera tous nos désirs et qui rassemblera tous les peuples dans une même famille. Notre destinée, c’est Dieu, en qui tout ce que nous pouvons attendre et espérer nous sera accordé en surabondance. Il vient au-devant de ceux qui l’espèrent. Frères et soeurs, il nous faut tenir fermement notre boussole au milieu d’un monde déboussolé, déstabilisé, et en quête de sens. Ne nous laissons pas détourner de notre but par de faux espoirs, par des planifications à courte vue, par l’illusion de trouver notre plénitude dans des réalités éphémères, ou encore par une sublimation du passé, et par l’idée que tout reviendra comme avant. Ne réduisons pas notre faim d’absolu et notre soif de plénitude à des petits bonheurs, à une vie chrétienne étriquée et triste, à une vie repliée frileusement sur elle-même.
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Texte de conclusion de notre évêque

Notre assemblée s’achèvera par la célébration de l’Eucharistie dominicale ; ce n’est donc pas tout à fait une conclusion. Par ailleurs tout ce que nous avons échangé devra être repris pour en tirer des conclusions plus affinées. Mais je vous livre ce que je perçois à la fin de ces deux jours. Je ne ferai pas de révélation nouvelle, mais je formule certains points d’attention.
Je vois, à travers ces deux belles journées, une Eglise qui se réveille, une Eglise éveillée, vivante, une Eglise qui découvre en elle un prodigieux potentiel, des richesses cachées, des énergies jusqu’à présent assoupie et qui sont en train de se lever. Je vois une Eglise qui laisse jaillir en Elle l’Esprit Saint, qui se libère de ses peurs, du poids des « impossibles » ou des fonctionnements stériles.
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Introduction à l'Assemblée diocésaine - samedi 14 octobre

Merci à vous tous d’avoir répondu à mon invitation et d’être là, durant tout un week-end, pour discerner, en Eglise, la route que le Seigneur veut nous montrer. Comme évêque de ce grand diocèse j’ai besoin de vous entendre, nous avons besoin d’échanger, pour écouter ce que l’Esprit Saint dit à notre Eglise particulière.
Le but de cette assemblée c’est de nous permettre de poursuivre notre conversion missionnaire pour être pleinement adaptés à la mission que Dieu nous confie aujourd’hui. Il s’agit bien de se mettre à l’écoute de Dieu, de chercher ensemble sa volonté, pour avancer dans une dynamique pastorale renouvelée et féconde.
L’Eglise n’a pas d’autres objectifs que ceux que lui a fixés son chef. Ce sont ces objectifs que nous devons nous réapproprier : les plus fondamentaux qui traversent les temps, et ceux pour aujourd’hui. L’Eglise est envoyée au monde par le Christ comme Lui-même a été envoyé par le Père.
Nous sommes rassemblés ici pour nous ajuster à la volonté de Dieu, à la mission reçue, en l’incarnant dans ce contexte nouveau qui est le nôtre : une société sécularisée qui a perdu ses références chrétiennes.
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Homélie de Mgr Guy de Kerimel pour le pèlerinage diocésain à La Salette - 23-24 septembre 2017

En cette année pastorale, nous voulons nous mettre à l’écoute de l’Esprit saint pour une plus grande fidélité au Christ et pour entrer toujours davantage dans les pensées de Dieu, dans les réalités du Royaume de Dieu, pour pouvoir travailler à l’avènement du Royaume.
« Mes pensées ne sont pas vos pensées », dit le Seigneur ; nous devons donc nous dépouiller de nos pensées et entrer dans les siennes pour être d’authentiques fils et filles de Dieu et pour œuvrer à l’avènement du Royaume.
Nous sommes parfois tentés d’accomplir notre mission selon nos points de vue ; nous sommes tentés de dire à Dieu ce qu’Il doit faire. S’il n’écoute pas, nous sommes déçus de Lui, et nous nous obstinons dans nos impasses, ce qui nous conduit à la stérilité.
L’Esprit saint nous aide à entrer dans les vues de Dieu. Pour cela, il nous faut passer par la Pâque du Christ, mourir à nos idées et découvrir les pensées de Dieu, sources d’émerveillement. Notre justice, notre conception de la justice, n’est pas celle de Dieu.
Nous, nous sommes prêts à enfermer les méchants et les criminels dans la condamnation qu’ils méritent ; pour éliminer le mal nous sommes prêts à éliminer les méchants ; nous ne leur souhaitons souvent que du mal, alors que Dieu pleure de les savoir esclaves du mal et du péché, Il désire ardemment leur conversion pour leur faire miséricorde.
Ici la Vierge Marie a pleuré pour les pécheurs, a intercédé pour leur conversion et leur réconciliation. Elle est la plus belle image de la Tendresse de Dieu. Les saints ont supplié la miséricorde de Dieu pour les pécheurs, ainsi Saint Dominique qui pleurait la nuit en disant à Dieu : « que vont devenir les pécheurs ? »

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† Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne


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L'Esprit saint, agent principal de la nouvelle Evangélisation

« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac. 1, 8).
L’Eglise a reçu du Christ la mission d’évangéliser le monde. « Allez ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». (Mat. 28, 19-20). Comment donc ces quelques hommes peu instruits vont-ils répondre à un appel complètement disproportionné ?
Comment, en un demi-siècle, seront-ils déjà présents dans presque toutes les régions du monde romain, et jusqu’au coeur de l’empire idolâtre, à Rome ?
C’est qu’à l’origine de la mission de l’Eglise, il y a le don de l’Esprit saint, le jour de la Pentecôte. La mission de l’Eglise n’est pas oeuvre humaine, mais oeuvre divine, oeuvre de l’Esprit saint. « Il est, écrit, saint Jean-Paul II, Celui qui doit maintenant continuer l’oeuvre salvifique enracinée dans le sacrifice de la croix. Cette oeuvre, bien sûr, est confiée par Jésus à des hommes : aux Apôtres, à l’Eglise. Toutefois, en ces hommes et par eux, l’Esprit saint demeure le sujet transcendant de la réalisation de cette oeuvre dans l’esprit de l’homme et dans l’histoire du monde » (Encyclique « Dominum et Vivificantem », 42).
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A l'écoute de l'Esprit

Face à la complexité du monde actuel, face aux nombreux défis qui se présentent à notre Eglise, il me semble important de prendre un peu de recul et de nous mettre à l’écoute de l’Esprit saint, pour discerner la volonté de Dieu à travers l’Evangile, la prière, et la lecture des signes des temps.
Nous sommes dans une société très bruyante, dans une culture de l’image qui stimule les émotions ; nous risquons de rester à la surface de nous-mêmes et des réalités qui nous entourent, de nous laisser conditionner, d’être ballotés au gré des émotions du moment et des modes. Les chrétiens doivent être clairvoyants, ils doivent être des visionnaires, pour pouvoir être lumière du monde, selon la parole de Jésus (cf. Mt 5, 14).
Si nous savons écouter l’Esprit saint et nous laisser conduire par Lui, nous serons toujours fixés sur l’essentiel, tournés vers l’avenir, fidèles à notre mission prophétique ; nous serons toujours à l’heure de Dieu, nous tirerons la société en avant, nous travaillerons vraiment à l’avènement du royaume de Dieu, de plain-pied avec les vérités et les réalités éternelles.
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